Distance à respecter pour construire une maison en toute légalité

25 février 2026

Que ce soit pour la construction de bâtiments ou l’installation de haies, les distances minimales imposées par la loi s’imposent aussi bien aux agriculteurs qu’aux particuliers. Ces règles sont à l’origine de nombreux conflits de voisinage, alimentant parfois des discussions sans fin autour d’une simple clôture ou d’un projet de construction.

Je suis producteur laitier. La municipalité vient de modifier son plan d’aménagement local et les parcelles voisines de mon exploitation sont désormais classées en zone constructible. Un projet de lotissement se profile. À quelle distance les futures maisons devront-elles voir le jour ?

La réglementation en vigueur n’accorde aucun privilège particulier aux habitations par rapport aux exploitations agricoles. La règle de la réciprocité s’applique : les maisons doivent s’implanter à plus de 100 mètres des bâtiments d’élevage, sous réserve que ces bâtiments aient été édifiés légalement, avec un permis de construire, et qu’ils soient bien déclarés comme bâtiments d’élevage. Ce principe a été confirmé par la Cour administrative d’appel de Bordeaux : un groupement agricole avait tenté de profiter de cette règle alors que son bâtiment n’était pas déclaré pour l’élevage mais pour le stockage, et n’avait pas obtenu de permis. Résultat : pas de réciprocité possible, et la distance légale ne s’appliquait pas en sa faveur. La légalité administrative et la destination réelle des constructions restent donc déterminantes.

II, J’exploite une parcelle qui borde un lotissement. Des voisins ont planté des haies. Je redoute que, tôt ou tard, les branches n’envahissent mon terrain. Quelles sont les distances à respecter pour ces plantations ?

La distance d’implantation des haies est généralement encadrée par des usages locaux ou des règlements sanitaires municipaux. Si aucune règle spécifique n’existe, c’est le Code civil qui tranche : pour toute plantation dont la hauteur dépasse deux mètres, il faut respecter un écart d’au moins deux mètres par rapport à la limite séparative. Pour les arbres, arbustes ou haies ne dépassant pas deux mètres, la distance minimale est ramenée à cinquante centimètres de la frontière des propriétés.

Quand ces distances ne sont pas respectées, il est possible de demander que les plantations soient soit arrachées soit réduites à une hauteur conforme.

Si des branches s’aventurent de votre côté, la loi ne vous autorise pas à les couper directement. C’est à votre voisin de s’en charger, sur demande de votre part. En revanche, racines, ronces ou brindilles qui pénètrent sur votre terrain peuvent être sectionnées par vos soins jusqu’à la limite de propriété. Un équilibre parfois délicat à maintenir, mais qui évite bien des crispations inutiles.

III, Je souhaite ériger une stalle pour mes génisses. Mon voisin exige que je l’éloigne de quarante mètres parce qu’une source passe à dix mètres de la limite de propriété sur son terrain. Quelle règle dois-je suivre ?

Pour installer une stabulation, la réglementation fixe une distance minimale de 35 mètres à respecter depuis tout puits, source, aqueduc ou point d’eau potable. La règle des 50 mètres, elle, concerne uniquement l’épandage de fumier ou de lisiers. Cette distinction n’est pas anodine : la protection de l’eau reste une priorité, mais elle ne doit pas servir de prétexte à des exigences exagérées.

Au fond, ces distances ne sont pas de simples chiffres sur un plan. Elles dessinent les contours d’une cohabitation, parfois tendue, entre activités agricoles et vie résidentielle. S’y tenir, c’est éviter de transformer les lignes de propriété en lignes de front.

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