Quel statut juridique choisir pour de l’Achat-revente ?

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Avec plus de 37 millions de cyberacheteurs (source), la France est un marché attrayant pour les entreprises e-commerce qui se créent de plus en plus (croissance de 10% entre 2017 et 2018).

Mais avant de vendre et d’attirer des clients, il faut encore créer sa structure juridique pour lancer son site e-commerce !

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Dans cet article, nous vous proposons de découvrir et de comparer les différents statuts juridiques adaptés à l’ouverture d’une entreprise e-commerce.

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Micro-entreprise (ex auto-entrepreneur)

Principes et principales caractéristiques

Raisée populaire par sa facilité d’exploitation et sa fiscalité simplifiée, la micro-entreprise (qui n’est pas une « forme juridique ») permet une déclaration simplifiée des revenus ainsi que des cotisations sociales et les contributions par le biais d’un prélèvement proportionnel au chiffre d’affaires généré.

D’un point de vue fiscal, ce régime repose sur la règle de « pas de revenus, pas de cotisations » et exerce donc moins de pression sur les entrepreneurs qui souhaitent éviter les coûts fixes.

Bien sûr, le système des micro-entreprises est un seul personnel : il n’est pas possible d’y inclure des partenaires, et il exclut les notions de capital et d’actions contrairement aux sociétés.

Bon à savoir, ce plan peut être combiné (avec ou sans conditions) avec un statut d’employé (CDD/IDC), retraité ou étudiant : il s’agit donc d’une activité cumulative.

Particularité du régime de micro-entreprise, il est nécessaire de savoir qu’il n’est pas possible de facturer ou de déduire la TVA sur vos achats et ventes, ce qui est très problématique lors de l’exercice dans l’achat/revente.

De même, il n’est pas possible de déduire les dépenses professionnelles (charges, carburant, véhicule, locaux…) dans les micro-entreprises, ce qui rend ce régime impropre aux activités qui génèrent beaucoup de charges/coûts.

Enfin, sachez que le régime des micro-entreprises vous garantit très peu de protection : vous avez une responsabilité illimitée pour les dettes de votre entreprise et sont personnellement responsables de l’activité (=vos biens et biens peuvent être saisis). Vous ne serez pas non plus en mesure d’embaucher des employés en cas de forte croissance.

Fiscalité et fiscalité :

Dans le système des micro-entreprises, l’imposition est automatiquement imposée au « régime microsocial simplifié », c’est-à-dire que l’entrepreneur doit « déclarer son chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel (selon son choix) pour permettre le calcul des cotisations sociales et des cotisations » (source : Service-Public.fr)

Sous certaines conditions, l’entrepreneur peut opter pour un paiement de libération fiscale (=un paiement annuel unique) qui « permet de payer à la fois l’impôt sur le revenu et les cotisations obligatoires en un seul paiement social et fiscal. »

Seuils de chiffre d’affaires :

Le système des micro-entreprises a la particularité d’être soumis à des seuils de chiffre d’affaires au-delà desquels il sera nécessaire de s’installer dans une entreprise individuelle ou de créer une entreprise.

Ces seuils annuels sont les suivants :

  • 70 000€ pour activités commerciales achat/vente, restauration et fourniture d’hébergement (hôtels, chambres d’hôtes, gîtes ruraux, tourisme meublé)
  • 70 000€ pour les services et professions libérales sous BNC ou BIC.

Avantages

Les avantages du régime des micro-entreprises pour une entreprise de commerce électronique sont les suivants :

  • Faibles charges et cotisations sociales
  • Création en ligne simplifiée et rapide
  • Compatibilité simplifiée (livre de recettes)
  • Pas de revenus, pas de cotisations
  • Possibilité de passer à Entreprise individuelle
  • Permet d’accumuler avec un emploi dans le salariat ou étudiant/retraité

Inconvénients

Les inconvénients du régime des micro-entreprises pour une entreprise de commerce électronique sont les suivants :

  • Seuil annuel de chiffre d’affaires à 70.000€ pour achat/vente.
  • Impossibilité de facturer et de déduire la TVA
  • Incapacité de déduire les dépenses professionnelles engagées
  • Responsabilité illimitée de
  • Incapacité d’embaucher (projet solo seulement)
  • Perception moins « sérieuse » avec les banques

Quels sont les projets de commerce électronique destinés aux micro-entreprises ?

En raison de l’impossibilité de déduire ou de facturer la TVA, le régime des micro-entreprises peut pénaliser si votre entreprise de commerce électronique repose sur l’achat et la revente de biens.

De même, ce système ne conviendra pas aux entrepreneurs qui prennent en charge des coûts importants (bureaux, entrepôt à louer, frais de voyage) parce que de l’incapacité de déduire les coûts.

Toutefois, il convient aux entrepreneurs individuels qui souhaitent expérimenter dans le commerce électronique dans la limite du seuil et qui ne prévoient pas trop de charges associées à l’activité.

Généralement, ce régime convient également aux entrepreneurs souhaitant vendre des services en ligne : ils bénéficieront d’un seuil de chiffre d’affaires plus élevé et seront généralement moins pénalisés par la particularité de la TVA.

EURL et SARL dans le e-commerce

Principes et principales caractéristiques

Les sociétés EURL et LLC sont des personnes morales qui distinguent le capital de l’entreprise de celui du (des) associé (s) gérant (s).

En général, les entreprises sont donc des entités à part entière qui sont normalement imposé sur le bénéfice imposable (sauf EURL qui est normalement imposé sur le revenu, IR) dans une fourchette comprise entre 15 et 31 % du bénéfice imposable.

Ils sont soumis au régime de la TVA, sauf si vous choisissez une exonération de TVA qui ne s’appliquera qu’au plafond de 82 800€ de chiffre d’affaires sur l’achat/vente de biens.

Bien entendu, l’EURL et la SARL permettent la déclaration des frais professionnels qui seront déduits du chiffre d’affaires pour calculer le bénéfice imposable.

Dans le cas d’une LLC, il faut avoir au moins 2 pour procéder à la création, contrairement à l’EURL qui permet d’être créé seul.

La création et la gestion d’un EURL ou d’une SARL requièrent la rédaction d’un statut, le maintien d’une compatibilité et une contribution de capital social dont le minimum est de 1€.

En tant qu’entreprises, les LLC permettent l’attribution des « actions » en fonction de la contribution de chaque partenaire.

Enfin, comme leur nom l’indique, la responsabilité des associés d’une LLC (ou EURL) est limitée au montant de leurs contributions à la société.

Fiscalité et fiscalité :

Les LLC sont par défaut soumises à l’impôt sur les sociétés, tandis que les EURL peuvent être soumis à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (SI) selon le choix du gestionnaire (source).

Par rapport à une micro-entreprise, les charges sociales et fiscales sont plus élevées dans un EURL/SARL : les revenus des dirigeants sont également soumis à des charges.

Le degré de complexité de la comptabilité d’une LLC dépend de son revenu et du nombre d’employés : les petites et moyennes structures (moins de 50 salariés, moins de 8 millions d’euros) peuvent bénéficier d’une présentation comptable simplifiée.

Avantages

  • Pas de minimum élevé d’apports en capital
  • Possibilité d’être taxé en IS ou IR
  • Vous permet de déduire vos coûts/dépenses professionnelles
  • Vous permet de percevoir et de déduire la TVA
  • Vous permet d’inclure des associés et d’embaucher
  • Responsabilité limitée des associés

Inconvénients

  • Plus encombrant procédure de création qu’une micro-entreprise
  • Obligation de tenir une comptabilité
  • Une charge fiscale plus lourde qu’une micro-entreprise

Quels sont les projets de commerce électronique auxquels s’adresse l’EURL/SARL ?

EURL et SARL sont parmi les formes juridiques les plus courantes dans le commerce électronique car elles vous permettent de déduire les frais et de déduire la TVA des achats. Ces structures se protègent également grâce à la responsabilité limitée des associés, mais présentent l’inconvénient qu’ils sont plus engageants en raison de la fiscalité plus lourde et de l’obligation de tenir la comptabilité.

EURL et SARL sont adaptés à des projets de commerce électronique de taille moyenne qui prévoient l’embauche de salariés dans un avenir proche ou lointain et qui nécessitent l’achat de marchandises et la déduction des frais professionnels. Ils se prêtent bien aux entreprises familiales, qui peuvent même opter pour le statut de « famille SARL ».

SASU et SAS dans le commerce électronique :

Principes et principales caractéristiques

À l’instar de l’EURL et de la SARL, SAS et SASU sont des sociétés qui protègent leurs dirigeants (responsabilité limitée), autorisent la déduction des redevances et sont soumises à la fiscalité des sociétés (IS) et à la TVA.

Contrairement à EURL et LLC, la principale différence entre SAS et SASU réside dans leur plus grande flexibilité en ce qui concerne la vente d’actions, l’émission de titres et la gestion des partenaires grâce à la personnalisation accrue des statuts de la société.

Ce sont des formes juridiques particulièrement propices à l’accueil des investissements/investisseurs, qui attirent de nombreuses start-ups qui se lancent dans le commerce électronique : c’est une forme juridique souvent recommandée par les comptables et les avocats.

Fiscalité et fiscalité :

Les bénéfices de SASU et SAS sont imposés par défaut par l’impôt sur les sociétés d’un montant compris entre 15% et 31% en fonction du montant de les bénéfices. Ces bénéfices peuvent ensuite être distribués aux associés en échange d’un impôt (l’ « impôt forfaitaire ») qui constitue un second impôt à 30%.

Sous certaines conditions, SASU et SAS peuvent être imposés par l’IR (impôt sur le revenu) : dans ce cas, ce n’est pas la SAS/SASU qui est imposée directement par le (s) partenaire (s) pendant un maximum de 5 exercices fiscaux dans le cas de la SAS (source).

Avantages

  • Pas de contribution minimale élevée en capital
  • Possibilité d’être taxé en IS ou IR
  • Vous permet de déduire vos coûts/dépenses professionnelles
  • Vous permet de percevoir et de déduire la TVA
  • Vous permet d’inclure des associés et d’embaucher
  • Responsabilité limitée des associés
  • Flexibilité accrue pour recevoir des investissements

Inconvénients

  • Procédure de création plus lourde qu’une micro-entreprise
  • Obligation de tenir une comptabilité
  • Charge fiscale plus lourde qu’une micro-entreprise

À quel projet de commerce électronique sont adressés à la SASU/SAS ?

SASU et SAS conviennent aux projets de commerce électronique de moyenne à grande échelle qui prévoient l’embauche d’employés dans un avenir proche ou lointain et qui nécessitent l’achat de marchandises et la déduction des honoraires/frais professionnels.

Elles sont également particulièrement adaptées aux start-ups qui souhaitent lever des fonds et recevoir des investissements à l’avenir.

Examen : quel statut juridique choisir pour créer une entreprise de commerce électronique ?

Vous trouverez ci-dessous un aperçu rapide qui vous permet de choisir un statut juridique adapté au e-commerce en fonction de votre projet.

Vous effectuez des frais d’achat/revente et de forfait :

Évitez le statut de micro-entreprise qui vous pénalisera rapidement. Considérez un EURL/SARL ou un SAS/SASU si vous prévoyez une croissance forte et un investissement.

Vous vendez des services en ligne :

Toutes les formes juridiques mentionnées ici sont réalisables. Si vous voulez « tester » ou entreprendre seul, optez pour la micro-entreprise que vous pourrez transformer en entreprise plus tard. Si vous voulez vous engager à plusieurs, optez pour un SAS.

Vous vendez en dropshipping :

Si vous envisagez d’entreprendre seul et/ou vos dépenses sont relativement faibles : optez pour la micro-entreprise.

Si vous envisagez d’entreprendre plusieurs et/ou vos charges sont élevées : EURL/SARL, SASU/SAS.

Vous vous attendez à une forte croissance :

Optez pour SAS, vous bénéficierez d’une plus grande flexibilité pour l’hébergement d’investissements et de nouveaux associés.

Vous voulez entreprendre à plusieurs :

Optez pour un SARL ou un SAS.

Vous voulez protéger votre capital personnel, mais vous vous engagez seul :

Excluez les micro-entreprises et les entreprises individuelles (IE) et optez pour un EURL ou une SASU.

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