Droits du locataire de plus de 70 ans en Belgique : conditions et réglementation

4 février 2026

Femme belge âgée examinant des documents à la maison

1312 euros. C’est le seuil de revenus mensuels en dessous duquel, en Belgique, un locataire de plus de 70 ans bénéficie d’un bouclier légal contre la résiliation non justifiée de son bail. Difficile de faire plus clair : la loi ne laisse aucune marge à l’arbitraire, mais elle n’ouvre pas non plus toutes les portes.

En Belgique, le propriétaire n’a pas carte blanche pour mettre fin au bail d’une personne de plus de 70 ans. Un relogement équivalent doit être proposé, sauf s’il s’agit d’y loger lui-même ou l’un de ses proches. Cette protection ne joue cependant que si le locataire ne dispose pas de ressources permettant de se reloger sans difficulté.Ce dispositif repose sur des critères précis, liés au revenu, à la durée de location et à la nature du congé voulu. La démarche du propriétaire doit suivre des étapes et des délais définis, afin d’offrir au locataire senior une sécurité juridique réelle.

Vivre en location après 70 ans : ce que la loi belge prévoit pour vous

La législation belge se montre intransigeante en matière de droits du locataire de plus de 70 ans. Dès lors que l’âge et le niveau de ressources sont vérifiés, le bailleur doit respecter le régime posé par le code civil. Plus question d’ultimatum improvisé : la stabilité du contrat de bail s’impose de droit.
Le propriétaire souhaitant reprendre son bien, pour s’y installer ou héberger un proche, doit faire les choses dans l’ordre : donner préavis, justifier ses raisons et mettre sur la table une solution de relogement si le locataire dispose de ressources modestes.

Les conditions sont sans équivoque. Seuls les locataires occupant le logement à titre principal, ayant atteint l’âge requis au moment du préavis, et présentant des revenus sous le plafond légal bénéficient de ces garde-fous. Ce seuil varie suivant la composition du ménage et la région. Remplir toutes ces exigences oblige le propriétaire à proposer un logement équivalent, avec le même niveau de confort, un loyer similaire, facilité d’accès et situation géographique comparable.

Le logement de remplacement doit offrir une décence minimum. Toute tentative de court-circuiter le cadre légal expose à voir le congé annulé, voire à devoir indemniser le locataire. Surveillez aussi l’état des lieux, la gestion des charges locatives ou la façon dont les travaux d’entretien sont partagés. Le texte légal dépasse la seule problématique de l’expulsion : il vise le respect de la dignité et l’adaptation du logement à l’âge et à la situation de chacun.

Quels droits spécifiques pour les locataires seniors face à l’expulsion ou à la résiliation du bail ?

En Belgique, la protection du locataire âgé de plus de 65 ans, et plus fermement encore au-delà de 70 ans, relève de l’ordre public. Ainsi, ni la résiliation du bail ni l’expulsion ne se limitent à un simple courrier. Le préavis envoyé doit être recommandé, et s’accompagner d’une justification détaillée. Même en cas de vente ou de reprise, impossible d’écarter le locataire d’un simple claquement de doigts.

Le délai de préavis s’étire : neuf mois minimum, parfois douze, selon la composition du foyer et la région. Quant à la trêve hivernale, elle verrouille toute expulsion sans décision spécifique du juge de paix. Si le locataire prouve que ses ressources annuelles sont inférieures au plafond légal, le propriétaire doit alors avancer une vraie solution de relogement, avant toute rupture du contrat.

Un autre droit à ne pas négliger : celui de la priorité en cas de vente, le droit de préemption, qui permet au locataire senior de se porter acquéreur avant tout autre. Toutes ces obligations passent par écrit recommandé. Si le bailleur et le locataire restent sur leurs positions, le tribunal peut trancher, évitant toute expulsion arbitraire.

Voici un aperçu des garanties qui protègent très concrètement les locataires seniors menacés par la rupture du bail :

  • Un préavis allongé et obligatoirement motivé
  • L’obligation de relogement si les ressources sont faibles
  • L’interdiction d’expulser pendant la trêve hivernale
  • Le droit de priorité en cas de vente

Chacune de ces avancées vise à sécuriser le parcours locatif, étape par étape, sans jamais oublier la dignité du locataire âgé.

Conditions à remplir et démarches à connaître pour bénéficier de la protection renforcée

La protection renforcée concerne le locataire âgé de plus de 65 ans dont le revenu annuel reste sous le seuil fixé. Ce plafond dépend à la fois du nombre d’occupants et de la région. L’âge se vérifie à la date du préavis, et tous les revenus du foyer sont examinés.

Pour activer cette garantie, le locataire doit fournir une attestation de ressources, souvent matérialisée par l’avis d’imposition ou tout document officiel adapté. Ce dossier est transmis au bailleur en même temps que d’autres justificatifs. Quant au propriétaire, il doit respecter le formalisme : seul un courrier recommandé ou un exploit de huissier est valable, et il doit explicitement rappeler les droits concernés.

En cas de désaccord ou doute sur la régularité de la démarche, le juge de paix peut être saisi. Le tribunal vérifie alors l’âge, le niveau de revenu, la composition du ménage et la validité des pièces transmises. Si tout est conforme, le propriétaire a l’obligation de proposer un logement équivalent ou de justifier d’un motif solide pour s’y soustraire.

Les points suivants doivent impérativement être vérifiés pour faire valoir cette protection :

  • Le locataire a 65 ans ou plus
  • Ses ressources annuelles ne dépassent pas le seuil légal
  • Le dossier envoyé au bailleur comporte toutes les pièces nécessaires
  • La notification du congé respecte le formalisme (recommandé ou huissier)

L’objectif est de garantir le maintien du locataire senior dans les lieux, sans négliger la dimension humaine et la fragilité associative à l’âge.

Discrimination liée à l’âge dans la location : comment la repérer et la signaler ?

Détecter une discrimination liée à l’âge dans la recherche ou la gestion d’un bail locatif demande parfois de la ténacité. Certains bailleurs refusent des candidats seniors sans le dire frontalement. Soupçons sur la capacité d’entretien, craintes fantasmées sur la santé, références à des « travaux futurs » : ces motifs peuvent en réalité dissimuler un refus injuste.

Parfois, la discrimination se fait plus insidieuse : délais anormalement longs pour répondre, garanties supplémentaires exigées, ou critères qui changent une fois l’âge découvert. Or la loi belge interdit formellement d’écarter un candidat en raison de son âge. Chaque locataire doit être évalué sur la base de critères identiques.

Pour riposter à une telle situation, mieux vaut rassembler tous les échanges, conserver les annonces et comparer les réponses reçues. En cas de soupçon fondé, le dossier peut être présenté à une autorité compétente ou directement au tribunal en cas de refus manifeste.

Pour réagir face à la discrimination, il est préférable d’avancer étape par étape :

  • Repérer tout motif restrictif ou propos douteux durant la candidature
  • Accumuler les preuves, courriels, messages, réponses écrites
  • Solliciter un accompagnement auprès d’un acteur spécialisé ou entamer une démarche auprès des autorités

Que ce soit au moment des visites ou lors de l’établissement du bail, rester vigilant permet d’éviter les pièges. Ici, la meilleure arme reste la preuve, et la lucidité que rien n’autorise à traiter le locataire âgé autrement qu’avec respect. L’avenir de la location se dessine aussi dans la façon dont chaque génération peut trouver sa place, à égalité de droits.

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