Le Finance Act 2025 a rebattu les cartes de l’acquisition immobilière pour les non-citoyens à l’île Maurice. Investir à l’île Maurice en 2026, c’est opérer dans un cadre réglementaire durci où chaque schéma d’achat conditionne la rentabilité nette, le droit de résidence et la stratégie de sortie. Nous analysons ici les paramètres techniques que la plupart des guides grand public passent sous silence.
Finance Act 2025 : ce que la suppression de l’achat hors schéma change concrètement
Jusqu’à récemment, un non-citoyen détenteur d’un permis de résidence pouvait acquérir un bien résidentiel de plus de 500 000 USD en dehors des schémas approuvés par l’Economic Development Board. Cette brèche n’existe plus.
Le Finance Act 2025 rend obligatoire le passage par un cadre IRS, RES, PDS, Smart City, IHS ou Ground+2 pour tout étranger souhaitant accéder à la propriété résidentielle. En pratique, cela signifie que le stock de biens accessibles se réduit aux projets labellisés, avec des conséquences directes sur la négociation des prix et la liquidité au moment de la revente.
Pour un investisseur qui envisageait de cibler une villa hors développement intégré, la donne a changé. Il faut désormais vérifier systématiquement le statut EDB du projet avant toute offre, y compris sur le marché secondaire.
Rendement locatif à l’île Maurice : pourquoi les chiffres divergent autant

Les rendements locatifs bruts publiés oscillent entre environ 3,22 % selon Global Property Guide et des fourchettes de 6 à 10 % avancées par d’autres sources. Cet écart n’est pas une anomalie, il reflète des méthodologies et des typologies de biens radicalement différentes.
Les villas resort premium, achetées pour l’usage personnel autant que pour le rendement, tirent la moyenne vers le bas. À l’inverse, un appartement standard bien situé dans le Nord ou l’Ouest peut atteindre le haut de la fourchette, à condition d’optimiser le taux d’occupation en courte durée.
Nous recommandons de raisonner bien par bien plutôt que de s’appuyer sur un chiffre de marché unique. Les variables clés restent le prix d’entrée au mètre carré, les charges de copropriété dans les PDS, et le taux d’occupation réel sur douze mois glissants.
Marché immobilier mauricien en 2026 : stabilisation et disparités de prix
Le marché n’est plus dans la phase de hausse uniforme observée après le COVID. Depuis mi-2025, nous observons une stabilisation des prix avec de fortes disparités entre segments. Le très haut de gamme côtier maintient ses niveaux, porté par une demande internationale soutenue. Les appartements plus standards dans les zones secondaires subissent une pression à la baisse.
Cette configuration crée une fenêtre d’entrée intéressante pour les investisseurs qui ciblent des biens intermédiaires dans des zones à potentiel locatif prouvé, plutôt que le segment ultra-premium où les tickets d’entrée restent élevés et la liquidité plus faible.
Zones à surveiller pour un investissement immobilier
Le Nord (Grand Baie, Mont Choisy) conserve la demande locative la plus régulière grâce au tourisme. L’Ouest (Tamarin, Rivière Noire) attire une clientèle d’expatriés en résidence longue durée. L’Est (Belle Mare, Beau Champ) reste plus saisonnier.
Le choix de la zone doit s’aligner sur la stratégie locative retenue : courte durée touristique au Nord, bail longue durée à l’Ouest, usage mixte personnel/locatif à l’Est.
Fiscalité et schémas d’acquisition : les arbitrages techniques à maîtriser
L’île Maurice conserve un cadre fiscal attractif pour les investisseurs étrangers : taux d’imposition unique sur les revenus, absence de taxe sur la plus-value immobilière, et conventions de non-double imposition avec de nombreux pays. Ce socle reste un avantage structurel par rapport aux destinations concurrentes de l’océan Indien.
Le choix du schéma d’acquisition (PDS, Smart City, Ground+2) n’est pas qu’une formalité administrative. Chaque régime implique des différences sur plusieurs points critiques :
- Le seuil minimum d’investissement varie selon le schéma, le PDS imposant un ticket d’entrée généralement plus élevé que le Ground+2
- Le droit au permis de résidence est conditionné au montant investi et au type de programme, pas seulement à l’achat d’un bien
- Les frais d’enregistrement et la structure de propriété (freehold vs leasehold) diffèrent selon que le projet relève d’une Smart City ou d’un PDS classique
- La gestion locative déléguée, souvent intégrée dans les PDS resort, impacte directement le rendement net après commissions
Un investisseur qui compare deux biens au même prix dans deux schémas différents peut se retrouver avec un écart de rendement net significatif une fois les frais récurrents intégrés.

Investir à l’île Maurice en 2026 : les points de vigilance avant de signer
La due diligence sur un projet mauricien ne se limite pas à la vérification du titre de propriété. Depuis le durcissement réglementaire, le statut EDB du projet doit être confirmé par écrit avant tout engagement financier. Un projet dont l’approbation est en cours mais pas encore délivrée expose l’acquéreur à un blocage administratif.
La question de la gestion locative mérite aussi un examen approfondi. Les rendements annoncés par les promoteurs intègrent rarement les périodes de vacance locative, les frais de maintenance tropicale (corrosion saline, entretien piscine, climatisation) et les commissions des gestionnaires locaux.
Stratégie de sortie sur le marché secondaire
La revente d’un bien PDS ou Smart City à un autre étranger reste possible, mais le bassin d’acheteurs potentiels est mécaniquement plus restreint que sur un marché ouvert. Nous observons des délais de revente plus longs sur le segment haut de gamme, où l’offre nouvelle concurrence directement le secondaire.
L’île Maurice reste un marché immobilier structuré avec des fondamentaux solides pour l’investissement patrimonial. Le timing 2026 présente un avantage pour ceux qui maîtrisent les nouveaux cadres réglementaires : la complexité accrue filtre les acheteurs mal préparés et ouvre des marges de négociation sur des biens qui, il y a deux ans, ne se discutaient pas.

