Quand il s’agit d’impôts, c’est toujours la même question : comment payer moins cher ? Une fois ce n’est pas coutumier, nous avons dû anticiper en prenant des mesures avant la fin de 2019 pour payer moins d’impôt en 2020. La plupart des stratégies sont valables pour 2020 afin de réduire la note l’année prochaine. Cet article résume la plupart des conseils qui vous aideront à payer moins d’impôt en 2020. Que ce soit pour les très modestes, les riches, les célibataires, ceux qui ont des enfants, ceux qui ont des terres, des salaires et ainsi de suite… chacun peut trouver son propre compte puisque de nombreux dispositifs existent. C’est au contribuable de les connaître, de les exploiter et de les déclarer afin de réduire leur impôt chaque année.
Payer moins d’impôt sur le revenu en diminuant le revenu imposable.
Pensez à tous les frais réels, pas seulement les classiques
L’administration applique normalement un abattement de 10% sur les salaires. Pourtant, il est souvent bien plus avantageux de déclarer l’ensemble des frais réellement engagés dans le cadre professionnel. Beaucoup de gens se limitent aux frais kilométriques et aux repas, oubliant qu’il existe en réalité plus d’une vingtaine de postes de frais réels, dont certains très spécifiques à certains métiers ou situations. Il est donc pertinent de se pencher sur la liste exhaustive des frais déductibles pour ne rien laisser de côté, qu’il s’agisse d’achat de matériel, de dépenses de formation ou de frais liés à des mutations, par exemple.
Enfants majeurs : choisissez la stratégie la plus adaptée
Quand un enfant passe la majorité, plusieurs choix s’offrent au foyer pour optimiser l’impôt. Il est possible de le rattacher encore au foyer fiscal, ou de le laisser faire sa propre déclaration. Dans ce second cas, la déduction d’une pension offre une marge de manœuvre : soit vous déclarez la somme réellement versée si vous l’aidez financièrement, soit une pension forfaitaire s’il réside toujours sous votre toit. Cet aménagement peut aussi s’appliquer si vous hébergez un parent. Prendre le temps de comparer chiffres à l’appui les différentes options permet souvent de grappiller quelques centaines d’euros d’économie.
Misez sur le revenu fiscal de référence pour gagner sur d’autres taxes
Le revenu fiscal de référence n’est pas qu’une simple ligne sur l’avis d’imposition. Ce chiffre détermine l’accès à de nombreuses aides ou exonérations, dont la suppression progressive de la taxe d’habitation, mise en place sous la présidence Macron. Plus il est bas, plus de portes s’ouvrent. Savoir comment équilibrer ses déclarations pour abaisser ce seuil, maîtriser les dispositifs qui l’impactent directement (abattements, revenus exceptionnels, revenus du capital), c’est se donner la possibilité de sortir du champ de certaines taxes ponctuelles et de voir sa fiscalité s’alléger sur d’autres fronts que l’impôt sur le revenu.
Payer moins d’impôt selon votre situation familiale.
Vous vous êtes marié ou pacsé en 2019 ? Comparez les déclarations
Avoir officialisé une union juste avant la déclaration ouvre une brèche intéressante pour l’année concernée : on peut choisir entre une déclaration commune ou deux déclarations séparées. Selon l’équilibre des revenus, l’option la plus simple n’est pas toujours la plus intéressante. Calculer les deux montages avant de valider, c’est parfois la différence entre une belle économie et une mauvaise surprise. En pratique, les couples dont l’un gagne nettement plus que l’autre ont souvent intérêt au regroupement, alors qu’avec des revenus proches, la séparation peut l’emporter.
Vivre en couple avec enfants : deux leviers pour alléger la note
Pour les couples vivant en concubinage, la déclaration des enfants et la pension alimentaire constituent deux leviers à bien manier. D’abord, l’enfant peut être rattaché au foyer du père ou de la mère, à tester avec une simulation car la meilleure option n’est jamais écrite d’avance. Ensuite, la pension alimentaire entre partenaires (pour l’enfant qui ne figure pas sur le foyer principal), si elle respecte la réalité des versements, peut ouvrir droit à une déduction non négligeable. Par ailleurs, modifier le rattachement d’un enfant d’une année à l’autre peut faire basculer l’avantage fiscal d’un parent à l’autre en fonction de l’évolution des situations.
Célibataire : exploitez la demi-part parent isolé
Un parent célibataire peut obtenir une demi-part fiscale supplémentaire, réduisant ainsi son impôt, à condition d’avoir un ou plusieurs enfants à charge. Une subtilité peu connue : même après le départ de l’enfant du foyer, si ce parent l’a élevé seul au moins cinq ans, il conserve ce bénéfice sous certaines conditions. Cette demi-part représente directement plusieurs centaines d’euros d’économie, un point à ne surtout pas négliger lors de la déclaration.
Réductions d’impôt et crédits pour 2020 : des dispositifs à explorer
Dons : faites jouer la générosité et le fisc
Les dons aux organismes d’intérêt général ou reconnus d’utilité publique donnent droit à une déduction attractive, de 66% à 75% selon la structure bénéficiaire et dans la limite des plafonds. La clé, c’est de bien déclarer le ou les montants dans les cases prévues, sans oublier les justificatifs qui pourront être demandés en cas de contrôle. Sur une situation classique avec 200 euros de dons, cela représente une économie de 132 à 150 euros, sans effort supplémentaire.
Bénévolat associatif : vos déplacements aussi comptent
Rares sont ceux à penser à leurs trajets pour l’association : pourtant, tout déplacement non remboursé au titre du bénévolat (transporter du matériel, accompagner une équipe, aller chercher des denrées) est assimilé à un don en nature et ouvre droit à la réduction calculée sur barème kilométrique. A condition de bien consigner ses trajets et leur objet, ce dispositif devient vite un vrai bonus.
Emploi à domicile : un crédit d’impôt pour tous dès 2019
Employer une personne pour l’aide à domicile, qu’il s’agisse de ménage, de petits travaux au jardin, d’assistance informatique ou administrative, accorde à tous les foyers un crédit d’impôt de 50% sur les dépenses, même en l’absence d’impôt à payer. Il suffit de reporter les dépenses sur la déclaration en ligne et de conserver les attestations fournies par les services à la personne, un geste simple qui allège souvent la note annuelle de façon visible dès l’année suivante.
Frais de garde et scolarité des enfants : pensez à tous les dispositifs
Pour chaque enfant gardé en crèche, chez une assistante maternelle ou dans une structure agréée avant 6 ans, la moitié des frais engagés se retrouve remboursée sous forme de crédit d’impôt, à condition de bien remplir la mention dédiée lors de la déclaration. Ce crédit se cumule avec la réduction forfaitaire pour scolarisation, qui va de 61 à 183 euros, selon que l’enfant est inscrit au collège, au lycée ou dans l’enseignement supérieur. Ne rien oublier, c’est offrir à son foyer un allègement direct, sans condition de ressources.
Investir en 2019 pour alléger l’impôt en 2020 : PERP, FCPI, FIP, SOFICA…
Diversifier ses placements offre aussi des opportunités de réduire la facture fiscale. Le PERP (devenu plan d’épargne retraite, PER) permet de déduire de ses revenus les sommes versées pour préparer sa retraite, avec un impact immédiat sur le revenu imposable et sur l’impôt de l’année. La contrepartie : l’argent reste indisponible jusqu’au départ à la retraite, à pondérer selon son besoin de trésorerie.
D’autres solutions existent, souvent réservées à ceux qui n’ont pas peur de l’illiquidité ou d’un risque élevé. Pour illustrer, voici un aperçu des outils couramment utilisés :
- Les FCPI (Fonds Commun de Placement dans l’Innovation) et FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) donnent accès à une réduction de 18% à 38% des sommes investies, mais impliquent un blocage de fonds de cinq ans minimum et une volatilité notable.
- Les SOFICA (Sociétés de Financement pour l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle), qui associent soutien au cinéma et réduction d’impôt à hauteur de 48%, en échange d’un placement immobilisé sur huit ans au moins, non garanti.
- Souscrire au capital d’une PME, avec un avantage fiscal de 18% du montant investi, en échange d’un accompagnement sur plusieurs années.
Immobilier : allégez votre fiscalité foncière en optimisant la déclaration
Location nue ou meublée : choisissez le bon régime
Le choix du régime fiscal pour la déclaration des revenus locatifs a un impact direct sur la fiscalité. Entre location vide ou meublée, régime micro et réel, les options sont variées et déterminent le niveau d’imposition et de prélèvements sociaux. Prendre le temps d’analyser chacune en fonction du niveau de charges, du montant de revenus, et de ses propres projets permet d’adapter la stratégie d’année en année.
Pinel : soignez la déclaration pour maximiser la réduction
Le dispositif Pinel reste populaire parmi les investisseurs immobiliers qui cherchent à réduire leur pression fiscale. Mais obtenir tous les bénéfices passe par une vigilance lors de la déclaration : il faut veiller à reporter à la lettre les bons montants et à déduire correctement les charges éligibles, car une erreur ou un oubli peut coûter cher sur plusieurs années. Un pointage attentif lors de la saisie permet de sécuriser sereinement la réduction attendue.
Location vide : ne laissez pas passer les charges déductibles
Le régime réel pour une location nue offre une multitude de possibilités pour abaisser l’imposition : intérêts d’emprunt, frais de gestion, charges de copropriété payées même en l’absence de locataire… Beaucoup de propriétaires ignorent que certaines dépenses, comme les intérêts et les frais bancaires, sont pris en compte dès l’achat, sans attendre l’entrée du premier locataire. Passer au crible les postes de dépenses avant de remplir la déclaration suffit bien souvent à faire chuter sensiblement l’impôt généré par son bien.
Optimisez votre impôt grâce au prélèvement à la source
Mettre en œuvre ces stratégies reste totalement compatible avec le prélèvement à la source : seule la périodicité de paiement évolue, le mode de calcul de l’impôt ne change pas. Corriger, simuler, expérimenter, ajuster : chaque année présente une nouvelle fenêtre pour adapter ses démarches, et suivant votre vigilance, la différence se retrouve d’emblée sur le montant prélevé ou le remboursement futur en cas de trop-perçu. Saisir ces mécanismes, c’est s’offrir la possibilité de reprendre la main sur ses finances et de refuser la résignation fiscale, peu importe l’évolution des règles ou des dispositifs. À la prochaine échéance, toute la différence se joue sur votre capacité à anticiper.

